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26 – Chroniques de la BnF – n°59

Même s’i l prétend n’exister qu’au présent, dans une perpé-tuelle jeunesse, le web vieillit et perd la mémoire : des sites disparaissent, les internautes ont oublié ce qui comptait sur la toile il y a cinq ou dix ans. Le dépôt légal de l’Internet fran-çais est assuré par des collectes auto-matiques effectuées vingt-quatre heures sur vingt-quatre par le service du dépôt légal numérique ; leur résul-tat est accessible à titre expérimental en bibliothèque de recherche. On y retrouve par exemple, dans leur envi-ronnement graphique d’origine, les sites des candidats aux élections pré-sidentielles de 2002 et 2007. Si la fréquentation des archives de l’Internet est encore modeste, il est important d’explorer les attentes et les besoins des publics potentiels appelés

Mémoire de l’Internet : quelles attentes ?

Depuis 2006, le dépôt légal de l’Internet français a été confié à la BnF. Une étude auprès des publics potentiels expl leurs attentes et révèle le besoin de représentations nouvelles pour rendre compte de ces archives d’un genre nouve

journalistes, etc.) et amateurs de la Bibliothèque : l’occasion de mieux cerner les représentations que se font ces publics d’une archive du web.

Des questions éthiques

Les chercheurs interrogés travaillent dans un univers web dont ils recon-naissent à la fois la richesse et la vola-tilité. La fugacité du net donne à son archive une force politique qui révèle les mutations longues comme les dispar it ions subites. Si l’intérêt d’une mémoire du web leur paraît évident, ils se heurtent à la difficulté de définir et circonscrire, dans un espace illimité, des corpus significa-tifs : « Vous n’êtes jamais sûrs d’une totale exhaustivité » ; « Pourquoi vous avez pris ce site et pas cet autre ? » Face à cette difficulté, la BnF est

ét h iques et mét hodolog éthiques, car tout ce qui relè tions personnelles sur le web ter, acheter, participer à des sociaux, etc.) apparaît imp l’archivage, même s’il const lieu d’observation précieu l’historien et le sociologue ; dologiques, car archiver semble impossible, voire par

La complexité d’un être vivant

Ces archives requièrent des des représentations nouvea elles ne peuvent être assimilé archive traditionnelle fondée unités documentaires stab « site », capturé isolément et p lement, peut difficilement j rôle, car c’est son inscription réseau et dans le temps qui i d’abord le chercheur. D’où l’a métaphores : les archives seraient comparables aux « tr orales » (ce qui est sur le web de surface d’inscription déf contrairement à l’écrit), aux grammes » (ces moments figé caméra, qui permettent de poser un mouvement) ou aux « naturelles» avec leurs multiple (Internet a la même comple les êtres vivants).

Suite à cette étude, la BnF va et diffuser sa politique docu pour la collecte du web, afin ce rôle de « tiers de confiance» transparence. Elle va par développer des collectes cap garder la trace des nœuds l importants de la toile : ne pas seulement des éléments isol aussi la trace des pratiques du plus populaires, celles qui m « l’air du temps » et docume grande échelle les tendances, s commerciales, culturelles du Elle cherchera enfin à collabo étroitement avec les commun chercheurs et d’amateurs in par la mémoire du web.

Philippe Chevallier et Gild

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